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Vendredi 10 mars 2006

Colossus, colossi, colossum...à défaut de nous faire réviser nos déclinaisons latines, le dernier né d'Umito Fueda peut se targuer d'offrir une fin de règne exceptionnelle à la Playstation 2, même si celle-ci semble peiner à suivre les plus fougueuses cavalcades de son protagoniste. En effet, dès les premières secondes le ton est donné: on est dans la gigantisme et dans la démesure, que ce soit en ce qui concerne la superficie du territoire à explorer ou la stature de vos adversaires, fiers géants dont la taille oscille entre l'éléphant bien nourri et l'immeuble de vingt étages.

C'est un sentiment de profonde solitude qui émane de ces décors ahurissants de  beauté, peuplés par quelques rares lézards et oiseaux, étrangement éclairés par un soleil blafard qui semble avoir quelque chose à cacher : peut-être (sûrement) une technique en dent de scie, peut-être aussi quelque secret merveilleux dissimulé dans ces plaines désertes. On appréciera de pouvoir faire travailler son imagination comme rarement un jeu ne nous l'avait permis: quel peuple oublié a érigé ces constructions éparses qui hérissent l'horizon? Et si ces montagnes, ces collines et ces vallons étaient autant de colosses endormis ou défunts, tapis sous la terre?

Rien d'autre que votre monture et vous, dans l'immensité du bout du monde : la solitude n'aura jamais été si belle.

Guidé par une voix qui semble descendre directement du ciel et par une épée faisant office de boussole, vous galoperez vers vos ennemis avec la détermination inébranlable de celui qui se sait investi d'une mission. Pour leur faire mordre la poussière, point de lance-roquette ni de sortilèges offensifs, seulement votre cure-dent et un arc de bois que les développeurs ont eu le bon goût de doter de flèches infinies. Chaque colosse est une énigme en soi de par son apparente invulnérabilité, il est vital d'établir un plan d'attaque pour espérer entamer ses défenses. Une fois sur l'échine de la bête, il n'est plus temps d'hésiter ou de faire preuve de pitié : il faut frapper aux points sensibles jusqu'à la victoire finale, ô combien gratifiante.


Et tout ça pour quoi? Pour une femme, évidemment, le plus beau justificatif depuis la nuit des temps. Un peu inerte et refroidie dans ce cas précis, mais toujours d'une ineffable beauté
empreinte de mystère. Les âmes des seize colosses constituent le lourd tribut à payer pour la faire revenir à la vie, une tâche si ardue qu'on se sent forcé d'admirer ce frêle héros (au sens premier et véritable du terme) qui se bat contre la mort, avec l'espoir fou de changer l'immuable. Il n'y a pas d'autre choix que de l'aider, lui qui est mû par une force qui nous dépasse, lui qui réclame qu'on lui ouvre le chemin. Juste assez lisse pour que vous lui prêtiez vos traits, Wanda vous invite à plonger en lui pour vivre l'aventure de l'intérieur, il a besoin de vous: répondrez-vous à son appel?

 

 


 

Par Pixel Mort - Publié dans : Jeux Vidéos
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Vendredi 10 mars 2006

Zboïng, zboïng, serait-ce le come-back retentissant des héros bi-dimensionnels qui font du bruit en sautant? Il semblerait en tout cas que les petits gars du Behemoth se soient tout particulièrement appliqués à capturer l'essence de classiques tels que Contra, Metal Slug ou Gunstar Super Heroes pour nous pondre un jeu d'action à l'ancienne, tout à fait brillant mais d'une difficulté impitoyable. Passéistes? Sans doute, mais qu'importe quand le talent est là et le challenge à la hauteur, on se plaît à refaire les niveaux encore et encore jusqu'à en maîtriser tous les mécanismes. Et puis le soin apporté aux décors et aux animations, les bonnes têtes à claques de nos opposants et le mode deux joueurs nous rendent la lutte pour la cause extra-terrestre fort agréable, bien qu'ardue. Du pain béni pour ceux qui ont une dent contre le FBI, ceux qui regardaient X-Files parce que les aliens gagnent toujours ou simplement ceux qui cherchent un défouloir efficace. Faites chauffer les blasters!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Pixel Mort - Publié dans : Jeux Vidéos
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Vendredi 3 mars 2006

Comme vous le savez sûrement, on est un peu radin chez Pixel Mort, il est donc tout naturel pour nous de promouvoir ces petits joyaux de divertissement gratuits communément appelés "freewares". Notre dernier coup de coeur en date est un Action-rpg japonais dans la lignée de Soleil ou Story of Thor, entièrement réalisé E. "Buster" Hashimoto, déjà bien connu pour son sympathique Akuji the Demon. Aucun doute n'est possible sur la qualité intrinsèque du titre, véritable synthèse de tout ce qui s'est fait de mieux durant l'âge d'or des 16 bits, le drôle de pad à 108 touches du PC en plus. La barrière de la langue est la seule chose qui pourrait vous empêcher d'apprécier pleinement Rakuen no Guardian (puisque c'est ainsi que s'intitule le jeu en question) étant donné qu'il n'a pas encore été traduit contrairement aux autres productions de Buster. C'est sans compter sur l'imagination des rédacteurs de Pixel Mort qui se sont pliés en quatre pour vous livrer, en exclusivité mondiale, les premières infos en français sur le scénario du jeu.

C'est l'histoire d'un gosse mal dans sa peau, fan de Malice Mizer et désireux de trouver sa personnalité vraie dans un monde, certes heroic-fantasy, mais surtout en proie à la dictature du paraître et du superficiel. C'est pourquoi il décide de se faire teindre les cheveux en mauve chez le coiffeur du village, au nez et à la barbe de sa pauvre vieille mère qui en meurt de chagrin. Rongé par le remord, il se rend à la décharge publique où il déniche une épée et entame un voyage initiatique au cours duquel il apprendra à nager, deviendra militant écologiste et trouvera, on l'espère, le moyen de faire revenir à la vie sa génitrice.
 
Pour connaître la suite, téléchargez vite ce petit fichier plein à craquer de monstres gentils, d'interrupteurs à actionner et de divinités élémentales, vous ne le regretterez pas.














Télécharger Rakuen no Guardian (premier de la liste)

Par Pixel Mort - Publié dans : Jeux Vidéos
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Jeudi 23 février 2006
Imaginez qu'un beau jour tous nos précieux ordinateurs nous lâchent définitivement sur un dernier message d'erreur: fatal error, le robinet à informations est irrémédiablement coupé, c'est le blackout absolu. Tant que vous y êtes, imaginez qu'un cartel mafieux prenne pour cible votre libraire favori et l'envoie barboter dans le canal avec les pieds cimentés, de sorte qu'il ne puisse vous procurer le dernier numéro de Consoles +, voire de Chronic'art si vous êtes féru de prose absconte. En quoi vos habitudes en seraient-t-elles bouleversées? Sur quels critères baseriez-vous vos achats vidéoludiques?

A l'heure où un quart des messages qu'on peut lire sur les forums JV sont encadrés par les désormais familières balises spoil, on est paradoxalement abreuvés d'une quantité de médias sans cesse grandissante. A tel point qu'au moment de nourrir sa console avec la dernière galette à la mode, on peut avoir la désagréable sensation d'avoir déjà vu l'essentiel de son contenu au travers de sa promo, un peu comme ces mauvaises comédies qui grillent leurs meilleurs gags sur cinq minutes de bande-annonce.

Est-ce que le fait de se fermer à ce grand déballage permettrait de retrouver des sensations oubliées, tel que le plaisir de découvrir un jeu choisi pour ainsi dire au hasard chez le distributeur du coin (voir article "A l'aveuglette") avec la garantie de bénéficier d'un effet de surprise totale? Peut-être. Mais à présent que les joueurs ont été habitués à voir jusqu'aux derniers unlockables dévoilés sur le net six mois avant la sortie (souvenez-vous de 1UP qui proposait des vidéos du mode Edit de Castlevania DS avant même que celui-ci ne soit disponible sur le sol américain), il serait strictement impossible de procéder au sevrage sans risquer de les voir descendre en masse dans la rue, l'écume aux lèvres et le Pad à la main, en quête d'un responsable à molester.

Il semblerait que la seule option pour ceux qui souhaitent encore être surpris par les jeux vidéos soit de s'imposer ses propres limites.

Les screenshots? J'arrête demain.















Nintendo dévoile en avant-première pour Pixel Mort le premier visuel de son prochain hit.
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Mercredi 22 février 2006
Bomberman Act Zero, tragédie en un acte:

[...] Et le pauvre Bomby-San, acculé au mur et chancelant sous les coups répétés de son adversaire, terrifiant rouleau compresseur arborant le mot "MARKETING" en lettres de feu sur sa carrosserie rutilante, vit la mort en face: il n'échappera pas aux impératifs de l'industrie et au grand courant conformiste qui sévit sur les jeux. En 2006, Bomby se fait greffer un réacteur dans le cul et un canon à rampe sur le bras pour dézinguer des mutants merdiques avec à la clé, qui sait, peut-être une brochette de putes bonus et un clip vidéo sur MTV, façon gangsta bombing. Triste.




















Les scans de la honte.


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Mardi 21 février 2006
Difficile de déterminer quel est l'aspect le plus troublant de ce cliché: le fait que Ken Kutaragay enlace tendrement  un VRP au crâne dégarni tout en lui mettant sous le nez une Playstation Portable affichant sans doute un quelconque média yaoi ou bien l'omniprésence de symboles rappelants furieusement le logo de la portable concurrente? Deux interprétations sont possibles: soit Ken tente de faire passer un message ouvertement provocateur aux grandes pompes (toujours bien cirées, cela dit en passant) de Nintendo, du style "Je nique la DS", soit c'est un appel à la trêve à peine dissimulé qui augure d'une fusion historique entre ces ennemis de longue date. Nos experts sont sur le coup.


















"Nice socks, Ken."
Par Pixel Mort - Publié dans : Jeux Vidéos
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Jeudi 9 février 2006
Evénement majeur: c'est officiel, Dorothée est de retour à la télévision. Celle qui s'est appliquée à plomber les productions made in Japan aux yeux du grand public en abreuvant dès les matin des gosses en bas-âge avec du Dragon Ball sanguinolent vient de (re)sortir un single déjà classique. Dans son clip réalisé en images de synthèse à l'image de ceux de ses concurrents directs, Ilona Mitrecey ou Buzz le Frog, elle cancane "Hou la menteuse, elle est amoureuse" sur un beat sautillant, le tout animé par le génial Cabu ce qui est une tragédie en soi. Au niveau purement musical, on regrettera l'absence de Jacky, Patrick et Corbier aux backvoices, un gros bémol pour les nostalgiques. Qu'importe, la recette fonctionne, le remix est un carton qui s'est déjà vendu à des milliers d'exemplaires. Pixel Mort recommande vivement l'achat de ce CD qui transpire la bonne humeur, ne serait-ce que parce que c'est le prix à payer pour voir revenir Dorothée à sept heures du mat' avec du hardcore hentaï. Enjoy!

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Mercredi 8 février 2006
Le sage a dit un jour: "Le software, c'est comme le sexe, c'est meilleur quand c'est gratuit". Le fait que le sage en question soit probablement un informatien aussi bedonnant que sujet à la calvitie ne doit pas nous détourner de la véracité de cette assertion. Maintenant, imaginez que vous êtes un joueur un peu atypique: en effet, votre truc à vous, c'est le boss de fin de niveau et rien d'autre. Les trésors de level design que déployent les ténors du shmup vous laissent froid. Slalomer entre une centaine de tirs énergetiques tout en grapillant des power-ups dans l'espoir de fournir une riposte conséquente, ça vous fait bailler. Ce que vous aimez, vous, c'est voir un "WARNING" en grosses lettres rouges clignoter à l'écran tandis que la musique se fait plus épique ou plus technoïde, défier un adversaire massif, chercher et trouver son point faible avant de le faire voler en éclats. Pixel Mort a pensé à vous: Warning Forever est une flamboyante variation sur le thème de David et Goliath. Alliant une esthétique dépouillée proche du Rez de la Dreamcast avec un système de tir directionnel façon Gradius, ce freeware japonais propose une série d'affrontements contre des colosses lourdements armés, de plus en plus gros, de plus en plus méchants. Des effets visuels saisissants transforment chaque duel en feu d'artifice, on tire et l'adversaire perd des pans entiers de sa structure tandis qu'on prie pour qu'une vie supplémentaire nous soit accordée, tout les moyens sont bons pour survivre. Ne vous laissez pas décourager par son titre un brin risible, Warning Forever est un jeu qui ne s'encombre d'aucune fioriture pour délivrer une expérience brute, un défouloir frénétique et pêchu à la difficulté corsée mais pas insurmontable, un must have pour tous les amoureux de shoot.

Merci Hikoza!


















Télécharger Warning Forever




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Jeudi 26 janvier 2006
All Day I Dream About Snake. Ca sonne un peu gay comme ça mais c'est l'introduction rêvée pour aborder le sujet délicat de la saga d'Hideo Kojima, une success story comme on les aime et une controverse qui se réalimente au fil des épisodes, avec son lot de questions plus ou moins essentielles telles que: "un vampire peut-il vraiment marcher sur l'eau?" ou "est-ce possible de dresser un essaim de frelons?".
Les gratte-papiers du monde entier, amateurs et professionnels, rivalisent de pédanterie pour nous démontrer que Metal Gear Solid est une oeuvre géniale / vaste fumisterie (biffer le mention inutile), dans quel camp vous rangez-vous?

Au milieu de ce maëlstrom, il y a Solid Snake, icône inoxydable, porteur de valeurs propres aux gentils cow-boys: héroisme, honneur, justice, Lucky Strike. Certes, on pourrait se gausser en pointant du doigt la qualité toute relative de son doublage, particulièrement guttural, ou bien son regard bovin évoquant J-C Van Damme, mais cela relèverait de la pure mesquinerie. La vérité c'est qu'aucun gros bras du jeu vidéo ne lui arrive à la cheville. En comparaison, regardez le gars de Killzone: on en voudrait pas pour jouer le noyé dans un épisode d'Alerte à Malibu.

Tout le monde sait que Metal Gear Solid est le plus grand foutoir vidéoludique de tous les temps. MGS, c'est 800 pages d'un script bourré ras-la-gueule de références cinématographiques obscures, d'idées brutes pas toujours pensées pour fonctionner comme elles devraient, de créatures surnaturelles échappées du plus improbable des freak shows. Le simple fait que tous ces éléments puissent fonctionner et intéragir ensemble est déjà un miracle en soi, le charme étrange qui en ressort en est un autre. Dans le quatrième épisode, on veut voir Snake combattre des loups-garous rétropropulsés et des samouraïs skateboarders.

Il paraît qu'il est de bon ton de dénigrer le sieur Kojima sur les forums de joueurs lettrés, grand bien leur fasse. Toujours est-il qu'il reste un créateur de premier ordre qui s'applique à tirer le jeu vidéo vers le haut et à lui insuffler un peu d'humanité, tout en faisant preuve d'une extrême lucidité sur l'industrie et ses enjeux. Partant de ce principe et avec un peu de bonne volonté, on peut tout lui pardonner: cinématiques à rallonge, obsessions monomaniaques, gameplay accusant son âge ou petites errances du caméraman ne pèsent pas bien lourd face au génie déployé tout au long de la série, encore et toujours le seul jeu qui, en plus de proposer une aventure grandiose, se paye le luxe de nous faire réfléchir sur le médium et sur notre condition de joueur. On adhère ou pas.


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Lundi 23 janvier 2006
Doukutsu Monogatari est bon pour vous, vraiment. Pas seulement parce que c'est plein de gros et beaux pixels, ou parce que le gameplay est une merveille qui doit autant à Wonderboy qu'à Metroid, ou parce que c'est bourré d'inventivité et de trouvailles géniales. Juste parce que c'est la synthèse de tout ce qui fait qu'un jeu peut être captivant et mémorable, une sorte d'hommage au jeu vidéo lui-même et à toute la culture qui en découle, un travail d'orfèvre qui se déguste avec un sourire béat sur les lèvres (ponctué de quelques "Oh!" et "Ah!" selon votre degré d'expressivité).
Faites-vous une faveur et téléchargez ces quatre à six heures de bonheur, ne serait-ce que pour le japonais qui a passé cinq ans dessus en se nourrissant uniquement de batons de tofu et de graines germées. Doukutsu, c'est le charme des jeux d'antan avec une storyline héritée des productions actuelles, un petit miracle de freeware réglé comme du papier à musique, une oeuvre vibrante qui nous ramène perpétuellement à ce pourquoi nous jouons. Faites-vous plaisir.

















Télécharger Doukutsu Monogatari par Pixel (+ patch anglais)

Doukutsu Monogotari Fansite (Attention Spoilers)
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